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Paper Mario - Test

Nintendo 64     Rédigé par Aronaar     Mer 12 Juin 2024     0 Coms et 276 Vues
Il était une fois un RPG sans beaucoup de prétentions, qui arriva alors que la N64 était au crépuscule de son existence. Ce n’était pas la première fois que l’univers de Mario était utilisé ainsi – Legend of the Seven Stars sur SNES avait marqué le coup d’envoi – mais on tient ici la première itération en version « papier », à une époque où la composante jeu de rôle signifiait quelque chose. Retour sur un titre au charme enfantin, loin des grosses productions et de la complexité, pour une aventure simple et divertissante ; passez donc en deux dimensions pour découvrir ce jeu qui vaut toujours le détour, ami Lecteur !



Sans surprise, l’affreux habituel revient semer le chaos…


Faites vos voeux, rien ne va plus !



Les habitants de cette version du Royaume Champignon sont particulièrement chanceux : s’ils formulent des vœux qui ne sont pas égoïstes et s’ils y croient suffisamment fort, parfois, ils se réalisent !
Ou comment facilement pouvoir assurer la paix et la prospérité, si bien que cette chère Princesse Peach invite Mario à une réception au château.
On sait que ça a mal tourné dans Mario 64, rebelote ici : Bowser débarque rapidement, après avoir emprisonné les esprits Étoile et s’être emparé du Bâton Étoile, l’artéfact permettant aux vœux de se réaliser.
Fort judicieusement, le roi des Koopas choisit de devenir invincible et Mario se retrouve battu, avant d’être éjecté du château de Peach, maintenant perché sur celui de Bowser qui s’envole dans le ciel…
Naturellement, les choses n’en restent pas là : secouru par les dernières forces d’un des esprits Étoile, Mario se réveille dans le village Goomba où il est bientôt rejoint par son premier compagnon, Goombario, un Goomba ayant soif d’aventures.

Une fois les deux parvenus à la Vallée Etoile, l’objectif est clair : secourir les sept esprits pour donner à
notre héros moustachu le moyen d’atteindre le château dans les cieux et la puissance nécessaire pour briser les enchantements du bâton Étoile- ainsi, accessoirement, que de sauver Peach, laquelle est fortement habituée à ce genre d’épisodes de captivité.
Suite à ce prologue, le jeu suivra une trame simple et efficace : sept chapitres, chacun dédié au sauvetage d’un des esprits et un huitième pour affronter la Némésis de Mario, avec une phase plus ou moins longue entre chaque pour justement obtenir le moyen d’accéder au chapitre suivant.
Il n’est ici pas question de chercher de la profondeur, des thèmes travaillés ou même une grande cohérence- avec un peu de jugeote, disposant d’un tel artéfact, Bowser aurait pu très facilement empêcher Mario de secourir les esprits Étoile, rien qu’en les gardant enfermés hors de sa portée…
Ou en venant lui régler son compte alors qu’il restait faible !
Foin donc de cohérence ou de vraisemblance dans cette aventure à l’ambiance légère où l’on traverse tour à tour des étendues désertiques, une forêt hantée, une jungle malfamée et d’autres environnements encore- à l’instar d’une boîte à jouets occupée par une bande de Shy Guy malfrats qui détroussent les habitants de la ville de leur objet le plus précieux !

Chaque chapitre se vit ainsi comme une historiette plaisante, durant un peu moins de deux heures, avec des atmosphères variées (le calme trompeur du palais de cristal versus l’aspect bucolique du Champ de Fleurs assombri par des nuages artificiels, par exemple), s’entretissant dans la trame principale pour former un tempo agréable et fluide.
Être familier de l’univers de Mario sera un plus, bien entendu, même sans cela toutefois, on peut en profiter- la condition étant de ne pas être rebuté par la formule de conte sans prise de tête avec un style résolument « mignon » : une des forces du jeu est de ne pas se prendre beaucoup au sérieux.
Il n’y a qu’à voir vos duels récurrents avec Koopa Troopa Junior qui essaye tant bien que mal d’être plus fort que vous, habité par une telle persistance qu’il traversera des semaines l’océan à la nage pour vous poursuivre- et fera des yeux dépités en constatant que ses points cœur ont drastiquement baissé à cause de cet effort surhumain !


Le « bestiaire » fait bien sûr appel aux personnages connus de l’univers, en rajoutant des variations !


Prise en main stellaire



Le gameplay est, quant à lui, le miroir de l’histoire sur le plan de l’accessibilité. Vous pourriez prendre quelqu’un qui n’a jamais touché à un jeu vidéo de sa vie et lui permettre de rentrer facilement dans la catégorie des RPG avec ce titre !
En son cœur, Paper Mario se déroule donc au tour par tour : les ennemis sont visibles dans l’environnement et vous avez une chance de les frapper en premier (ou d’être frappé en premier !) pour les combats qui ne sont pas imposés par le scénario.
Cinq types d’action sont disponibles pour Mario : utiliser des attaques au marteau, des attaques avec saut,
utiliser un objet, un pouvoir étoile, ou bien user de « stratégie » : fuir, se défendre ou changer de partenaire. Ces derniers ont un panel plus limité : ils n’ont accès qu’au menu stratégie et celui de leurs capacités de combat.
Comme dans la plupart des combats de RPG, le but est de réduire la santé des ennemis à zéro tout en conservant la vôtre aussi haute que possible- les partenaires ont une mécanique différente où, lorsqu’ils sont blessés, ils sont paralysés pendant plusieurs tours.
Pour cela vous userez beaucoup des attaques normales, cependant vous pourrez utiliser moult attaques spéciales consommant des PF (points fleurs) conférées par les Badges que vous pourrez dénicher ou acheter.
Les possibilités sont multiples : saut-sommeil pour pouvoir endormir un ennemi, marteau-séisme pour frapper tous les ennemis non-aériens, lancer de marteau, multibond pour sauter une fois sur chaque adversaire…
Comme vous pouvez retirer ou mettre un badge à tout moment sauf en combat, cela permet une certaine flexibilité. D’autant plus que les badges peuvent avoir des effets plus globaux, notamment ceux qui augmentent l’attaque ou la défense de Mario !

Les badges peuvent être trouvés en explorant, ils peuvent être achetés dans une boutique et un personnage en échange certains contre des morceaux d’étoile, dissimulés un peu partout dans le jeu (bien plus qu’il n’en faut pour obtenir les badges vraiment intéressants, à mon humble avis).
Tout cela ne vous semble pas assez dynamique ? Nenni ! Rapidement, vous aurez accès à la commande action, qui permet à la fois de diminuer les dégâts reçus ou de les augmenter. Pour l’offensive, vous retiendrez vite les commandes à effectuer, concernant la défensive, chaque ennemi a un timing différent pour pouvoir subir moins de dégât, ce qui apporte une touche d’action bienvenue dans la formule tour par
tour.

Par ailleurs, Mario dispose donc de deux autres atouts : les objets et les pouvoirs étoile.
Les premiers reprennent des éléments connus de l’univers (champignons, fleur de feu, carapace de koopa…) et ont le traditionnel rôle de soigner, booster votre personnage, infliger des dégâts aux ennemis (comme avec le bloc POW !) etc.
Les pouvoirs étoile, quant à eux, utilisent l’énergie étoile, qui se recharge progressivement au cours des combats et de façon plus significative si vous utilisez la commande « méditation ». Vous utiliserez probablement très souvent le pouvoir de base, ne coûtant qu’une jauge d’énergie étoile, vous rendant 5 points cœur et 5 points fleur.
Naturellement, vous gagnerez un nouveau pouvoir à chaque fois que vous sauverez un esprit Etoile, ces capacités seront utiles en cas de coup dur : regagner 30 points cœur, endormir une partie des ennemis ou tous les ennemis, augmenter votre attaque et ainsi de suite.
Cela offre donc un panel simple mais complet de possibilités dans votre arsenal, ce qui se combine bien avec une adversité variée avec leurs petites spécificités : les koopas perdent leur protection et sont temporairement impuissants si vous leur sautez dessus, les boos peuvent devenir invisibles, les bandits peuvent vous dérober des pièces, les Pokeys verts sont susceptibles de vous empoisonner, certains adversaires possèdent des pics qui vous empêche de leur sauter dessus- la liste est longue.
Chaque chapitre comporte naturellement un boss, généralement pensé de telle sorte à ce que le partenaire recruté dans le chapitre en cours soit utile contre lui. Aucun n’est terriblement menaçant si vous prenez la peine de monter raisonnablement en niveau, très honnêtement, vous ne serez aucunement forcé de farmer les point étoile qui représentent l’expérience.


Le jeu comporte juste assez de phases de plateforme pour rappeler les racines de Mario et donner de la fluidité à l’exploration.


Souhait exaucé



Pour revenir sur les partenaires, ceux-ci seront essentiels pour pouvoir progresser dans l’aventure, jalonnée de petits obstacles à surmonter.
Votre compagnon koopa pourra ainsi cogner contre des interrupteurs à distance, Parakirry est capable de vous porter dans les airs sur une courte distance, le bébé soleil peut révéler des blocs invisibles, Bombinette explose pour éclater des éléments destructibles tels que des murs fissurés…
N’allez pas pour autant penser que vous aurez affaire à de redoutables puzzles : l’utilisation des partenaires est plutôt intuitive, certains d’entre eux servent beaucoup moins que d’autres.
Goombario est l’exception notable car si dans l’environnement, il ne peut que vous donner des informations (parfois des indices, si vous êtes réellement bloqué), durant les combats, il peut analyser les ennemis, ce qui vous permet de connaître leurs caractéristiques et d’afficher de façon permanent leurs points de cœur.

Niveau combat justement, chaque compagnon aura ses talents particuliers : dame Bouh peut vous rendre invisible (utile pour éviter des attaques chargées), Sushie dispose d’une capacité vous entourant d’un bloc d’eau qui augmente votre défense, Parakirry peut atteindre les ennemis situés en hauteur, etc.
L’utilité est là également variable, l’essentiel étant qu’il y en a pour tous les goûts. Vous pourrez toujours dédaigner ceux que vous n’appréciez pas en ne les faisant pas augmenter en puissance ; en effet, vous trouverez des blocs spéciaux dans le monde permettant d’améliorer vos compagnons, chacun pouvant l’être deux fois, une autre bonne raison d’aller musarder un peu partout.
Bémol possible : on peut avoir le sentiment qu’l y a un compagnon en trop, par rapport à la suite, leur personnalité est clairement moins développée.
Si la Porte Millénaire aura été une amélioration globale (y compris au niveau des zones optionnelles, les égouts faisant pâle figure par rapport au donjon aux 100 étages), en rétrospective, on s’aperçoit tout de même que la plupart des ennemis sont recyclés et qu’une bonne partie des thèmes des chapitres est reprise d’un jeu à l’autre- sans parler du fait que Paper Mario 64, à son crédit, comporte beaucoup moins de backtracking que sa suite.



| Conclusion |

« La double dimension du fun » Paper Mario 64 peut, après les années, sembler un brin brouillon comparé à sa suite sur Gamecube. Sans être aussi fouillé, l’ancêtre parvient toutefois toujours à plaire grâce à un gameplay immédiatement accessible, une structuration de l’aventure la rendant facile à suivre et un univers donnant une expérience de jeu agréable, pleine de détente. L’aspect papier exploité durant les péripéties a l’avantage d’adoucir les limitations techniques de l’époque, une bonne défense contre le Temps inexorable, gageons que cet oldie saura encore charmer les gamers de tous âges pendant encore longtemps.
1720
Bons points
- Facile d’accès et peu prise de tête
- Mignon, coloré et plein d’humour
- Système de jeu solide
- Intemporel
Mauvais points
- Trop simple pour des joueurs chevronnés
- Connaissance de l’univers Mario requise pour en profiter au maximum
- Les compagnons, pas tous égaux
7 commentaires Voir sur le forum
Dragon-blue
21214 posts
Dragon-blue, Mer 12 Juin 2024 - 21:30
Ouah c'est bien la première fois qu'un nouveau débarque ici avec un test comme premier message. Je vais lire ça demain à tête reposée, mais ça m'a l'air pas mal !

Bienvenue à toi sur GN, n'hésite pas à aller te présenter dans le forum Espace Membres :)
Gaga
1 post
Gaga, Mer 12 Juin 2024 - 21:50
En même temps... Aronaar, c'est le maitre des tests.
Dragon-blue
21214 posts
Dragon-blue, Jeu 13 Juin 2024 - 12:00
J'ai pu le lire, et vraiment rien à redire, c'est du très bon test, complet, avec une écriture agréable à lire. Ca se voit que tu es habitué en la matière en effet, t'en as combien à ton compteur ? :yosh:

Sur la forme je dirai que les titres en violet sur fond noir sont un peu compliqués à lire, et certaines images sont de mauvaise qualité, mais sinon ça va.

En tout cas merci pour ce cadeau que tu nous fais, en plus sur Paper Mario 64, très bon choix de jeu. Perso je l'avais découvert sur console virtuelle wii après avoir fait La Porte Millénaire, et je l'ai quand même bien apprécié. Il pose les bases de la série, avec des personnages et des lieux très cools qui sortaient de l'ordinaire pour la série Mario.

Je remarque que les tests sur Nintendo 64 on en a vraiment très peu par rapport à d'autres consoles
https://generation-nintendo.com/critiques/?type=test&console=Nintendo+64&auteur=-&genre=-&order=date
Spyounet
9942 posts
Spyounet, Jeu 13 Juin 2024 - 13:07
Merci pour la contribuation avec ce test bien complet de PM2, en attendant mon test du remake du 2 :sisi: Je le lirais tranquillement dans le week-end.
Aronaar
14 posts
Aronaar, Ven 14 Juin 2024 - 18:06
Merci à vous pour vos commentaires !
J'ai vu une annonce d'un de vos membres sur Romstation sur lequel j'ai été très actif, et j'ai décidé de tenter ma chance ici. Je vais effectivement poster prochainement une présentation.
Quant aux tests je suis de fait un habitué, j'en ai plus de trois cent à mon actif, sur une période d'une dizaine d'années.
Ce sera avec plaisir que j'étofferai cette section avec d'autres critiques !
manchot1er
5332 posts
manchot1er, Ven 14 Juin 2024 - 20:15
Citation:
Quant aux tests je suis de fait un habitué, j'en ai plus de trois cent à mon actif, sur une période d'une dizaine d'années.



Ça tombe bien, sur GN, on est des passionnés des jeux-vidéos (en particulier les jeux Nintendo et tiers). Tous les avis sont les bienvenues. N'hésite pas à nous faire partager tes futurs écrits, on les lira avec plaisir:good:
Spy
470 posts
Spy, Ven 14 Juin 2024 - 20:42
Bienvenue Aronaar !

De mon côté, je n'ai pas encore lu ton test pour le moment mais ce sera avec plaisir quand je trouverai un moment. :)

Pas si simple de désherber, traduire, coder avec un temps libre qui se réduit comme peau de chagrin avec les journées qui rallongent !