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Bayonetta Origins : Cereza and the Lost Demon

Bayonetta Origins : Cereza and the Lost Demon - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     Sam 15 Avr 2023     0 Coms et 974 Vues
L'histoire du sauvetage de la série Bayonetta par Nintendo a déjà été tant racontée et détaillée que nous vous épargnerons une autre version, il reste néanmoins surprenant de voir à quel point la franchise a non seulement survécu au passage du temps, bientôt 14 ans après la sortie du premier épisode, mais s'est également étendue pour désormais accueillir son premier spin-off: Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon. Nous sommes bien loin du gameplay d'action terriblement nerveux et dynamique que Bayonetta 3 avait remis au goût du jour il y a quelques mois à peine, il s'agit ici d'une tentative de convertir l'univers de la série à un jeu plus posé, mignon et surtout davantage concentré sur sa dimension narrative. Le moins PlatinumGames des jeux PlatinumGames, donc ? Pas si sûr.


Ce test a été réalisé à partir d'une version presse fournie par l'éditeur

Bayonetta 0


Le directeur du projet, Abebe Tinari, avait déjà travaillé sur Bayonetta 2 et StarFox Guard pour PlatinumGames
Oubliez le charisme à toute épreuve typique des sorcières de l'Umbra ou même son côté femme fatale autant face aux anges que démons, dans les évènements de Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon n'est encore qu'une jeune et timide enfant en plein entraînement pour maîtriser les arts de la magie noire. Alors qu'elle est frappée de visions mélangeant des souvenirs de sa mère et un étrange jeune homme qui l'appelle, elle décide de pénétrer dans la forêt d'Avalon, un lieu mystique et dont les sorcières ne doivent jamais s'approcher. Incapable de se battre ou même de se servir de démons, elle arrive toutefois à invoquer dans sa peluche préférée une puissante créature des enfers qu'elle nommera Chouchou (ou Cheshire en VO). Ce dernier n'aura pas le choix que de s'allier avec Cereza s'il espère pouvoir rentrer en Enfer, et c'est ainsi que commence le voyage de cette fine équipe au sein d'une forêt emplie de fées aux intentions malveillantes.

Vous l'aurez deviné, malgré son allure radicalement différente des autres jeux, il s'intègre directement dans la continuité des précédents jeux et surtout de Bayonetta 3, puisque l'invocation de démons joue un rôle majeur dans cet épisode également. Toutefois, si l'idée vous venait de découvrir la série avec ce titre atypique, il n'est pas du tout nécessaire d'avoir fait le moindre autre jeu pour s'y lancer. Se plaçant aux commencements de la timeline, il fait parfaitement office de porte d'entrée dans l'univers cher à PlatinumGames. Cela ne veut pas dire que le jeu ne regorge pas de clins d'oeil destinés aux fans de la première heure, et tout en restant subtils, ils ne déplaisent pas, mais rien ne perdra les néophytes qui découvriront une histoire largement isolée des autres épisodes.

Cereza au pays des merveilles


La saisissante direction artistique du jeu est clairement son plus gros point fort
Les bandes-annonces permettaient déjà de s'en rendre compte, mais le style visuel et la perspective du jeu sont les changements les plus marquants par rapport à ce que la série nous a habitué. En effet, s'il reste un jeu d'action sur de nombreux points que nous aborderons par la suite, Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon adopte une vue du dessus dynamique plutôt qu'à la troisième personne. Cela implique une approche différente de la mise en scène, qui se veut davantage contemplative et posée, raccord avec l'esthétique du jeu qui cherche à émuler les contes fantastiques du type Alice au pays des merveilles, dont il est l'inspiration la plus évidente. Ainsi, le jeu a une atmosphère assez différente des autres jeux de la série, avec quelque chose de beaucoup plus calme, pur et fantaisiste, sans anges et démons qui ravagent des clochers dans des villes européennes. Cette perspective permet également des idées de mise en scènes intéressantes, avec des décors qui se dévoilent au fur de l'exploration, et qui sied particulièrement au mode portable de la Nintendo Switch qui sera clairement la façon privilégiée d'y jouer. On ressent évidemment une ambition moindre comparé au style claquant et explosif des autres jeux, c'était là sûrement l'objectif du projet, mais il n'en est pas moins soigné pour autant.

Les contrôles en combat peuvent vite être confus
Ce choix de perspective s'explique aussi par le style de gameplay du jeu, qui est là aussi assez différent des autres jeux de la série tout en s'inscrivant directement dans leur continuité. Cereza et Chouchou se contrôlent en même temps, chacun étant assigné à un stick, et devront bouger et s'accorder en combat pour vaincre les ennemis. Cereza est incapable d'infliger des dégats, elle ne peut que paralyser temporairement les ennemis pour permettre à Chouchou d'infliger des dégats. Ce dernier, lui, possède une sérieuse force de frappe mais se transformera en peluche dès lors qu'il prend quelques coups, ce qui l'obligera à retourner chez Cereza le temps de récupérer son énergie. Vous l'aurez deviné, tout le sel du combat reposera dans la coordination entre ces deux personnages, de nombreux ennemis nécessitant d'effectuer d'être d'abord incapacité par Cereza avant de pouvoir être blessé. Sans être jamais aussi complet que les jeux principaux, ce système de combat n'est pas déplaisant pour autant et permet une dynamique originale, plus proche de celle d'un Astral Chain que d'un Bayonetta. Simplicité oblige toutefois, on ressent une certaine répétitivité au fil des heures, malgré un arbre des compétences qui permet d'étoffer quelque peu son arsenal. La difficulté n'est pas très présente, à part sur quelques boss, sans doute là aussi par choix d'offrir un jeu accessible à un public plus jeune.

Mais davantage que dans les combats, c'est surtout dans l'exploration et la résolution de puzzles que ce système de double personnage va réellement prendre tout son sens. A la manière d'un Brothers - A Tale of two Sons, il faudra souvent se servir des deux personnages et de leurs compétences distinctes afin de continuer à progresser ou trouver des secrets. Chouchou ne peut, par exemple, pas traverser les champs de romarin, là où Cereza en est capable et il lui reviendra de trouver un moyen de faire passer son acolyte de l'autre côté. Souvent ingénieux, le jeu en profitera pour cacher une myriade de secrets dans ses niveaux où il faudra prouver avoir compris l'entière portée des capacités de nos deux personnages. Les contrôles aux deux sticks peuvent être quelque peu confus par moment, surtout lorsque beaucoup d'objets ou d'ennemis sont à l'écran, mais le jeu pénalise rarement le fait de prendre son temps pour progresser.

Un découpage Zeldaesque


Autant Chouchou que Cereza pourront développer leurs pouvoirs au fil du jeu
La façon dont l'on progresse dans le jeu se veut par ailleurs à mi-chemin entre un épisode 2D de The Legend of Zelda et un metroidvania simpliste. Les niveaux ne sont pas délimités entre eux et forment un grand monde composé de plusieurs biomes, mais surtout, il ne sera pas possible d'aller partout dès le départ et le jeu nous renverra souvent dans des niveaux déjà partiellement explorés pour débloquer de nouveaux chemins grâce aux pouvoirs récoltés en route. Nous n'allons pas jusqu'à parler de véritable metroidvania pour autant, le jeu étant finalement assez linéaire et surtout très guidé sans qu'il ne soit réellement possible de se perdre : des traces de pas au sol permettent de toujours savoir où aller pour continuer l'aventure et des sphères magiques indiquent la direction du point de sauvegarde le plus proche lorsqu'on déambule un peu trop dans les zones annexes. Cereza a besoin de récolter quatre orbes élémentaires afin d'espérer sortir de la forêt d'Avalon, chacun d'entre eux étant gardé par une puissante fée qu'il faudra abattre pour ensuite obtenir un nouveau pouvoir pour Chouchou. Non seulement cela étend ses possibilités au combat mais également dans l'exploration en lui permettant d'ouvrir de nouveaux chemins.

Les menus de Bayonetta Origins regorgent de splendides illustrations qui contribuent à peaufiner l'enrobage du jeu
La question fondamentale qui est sur toutes les lèvres de ceux qui s'intéressent de près ou de loin au jeu est certainement celle de du rapport valeur/prix, le jeu étant un spin-off moins explosif que les autres jeux de la série mais néanmoins toujours vendu au même plein prix que toutes les productions Nintendo. La réponse à cette question est en réalité assez difficile à trouver, dépendant de l'appréciation du genre de jeu subjective à chacun. Ce que nous pouvons dire, c'est que malgré ses airs de "petit" jeu, Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon ne manque pas de contenu par rapport aux autres épisodes de la série. Vous pouvez compter sur une quinzaine d'heures pour finir le jeu une première fois, avec certainement encore de nombreux secrets à dénicher pour atteindre le sacro-saint 100% sur le fichier de sauvegarde. Il est également possible de débloquer des costumes, battre son propre temps dans les épreuves chronométrées, participer à un mode Nouvelle Partie + et même compléter son expérience du jeu avec une courte histoire bonus à la fin du jeu, dont on vous laisse la surprise mais qui parlera directement aux fans de Bayonetta 3. Visuellement le jeu ne démérite pas non plus, le titre fourmillant de détails et d'attention sur tous les aspects. Les menus du jeu sont l'occasion de montrer de charmantes illustrations de Cereza et Chouchou dans leur aventure, tandis que les nombreuses animations uniques du jeu vont égayer la découverte du jeu sur ses premières heures. Les combats de boss, aussi peu nombreux soient-ils, restent plutôt spectaculaires, en particulier sur la dernière heure du jeu qui est aussi Bayonetta-esque qu'espéré.

Il est néanmoins indéniable que le jeu ne laisse pas un souvenir aussi marquant que Bayonetta 3 ou les précédents jeux de la série. Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas suffisamment soigné et travaillé pour mériter son tarif, mais il ne faut pas s'attendre à un produit aussi rejouable ou ambitieux que ce à quoi la série nous a habitué. Il s'agit clairement d'un jeu plus expérimental pour PlatinumGames, qui signe quelque chose de plus proche d'un Okamiden que des productions typiques du studio. Il est clair qu'il n'attirera pas autant de monde que les jeux principaux et nous serons moins enclin à y retourner, mais il reste une expérience intéressante pour les fans de la série qui chercheraient un jeu plus posé, ou les néophytes qui souhaitent jouer à sans doute ce qu'il y a de plus proche d'un épisode 2D moderne de The Legend of Zelda.

| Conclusion |

Bayonetta Origins est une tentative réussie pour PlatinumGames de sortir des carcans habituels de ses productions avec un jeu assez unique dans son paysage et qui en profite pour enrichir l'univers étendu de Bayonetta. Il ne s'agira certainement pas d'un jeu qui marquera autant les esprits que les épisodes principaux ni rencontrera un succès similaire, la faute à une ambition moindre qui, malgré des efforts qu'il faut bien reconnaître, condamnera certainement le jeu à rester dans l'ombre. On apprécie toutefois l'effort et on ne boude pas son plaisir à parcourir le jeu une première fois, même si on n'en gardera pas forcément de nombreux souvenirs.
1520
Bons points
Une vision unique de l'univers de Bayonetta
Direction artistique très soignée
Des contrôles uniques mis à contribution dans les combats et puzzles...
Du beau fanservice
Mauvais points
Finit par être répétitif
Souffre forcément de la comparaison avec Bayonetta 3
Pas tant de boss que ça
...qui peuvent être confus par moments
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