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Endless Ocean Luminous

Endless Ocean Luminous - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     Jeu 30 Mai 2024     0 Coms et 189 Vues
Quand le studio Arika, connu jusque là pour son expertise du jeu d’arcade avec les Street Fighter EX et la série Tetris : The Grand Master, annonce que son prochain projet sera un jeu d’exploration sous-marine le plus zen possible, de nombreux sourcils ont dû être levés. C’est pourtant bien ainsi que le premier Endless Ocean vit le jour en 2007 sur Wii. Il s’agissait là en réalité d’un successeur spirituel à EVERBLUE, un autre jeu sous-marin en vue à la première personne publiée par Capcom sur PlayStation 2. Après une suite sur Wii, la série qui n’aura jamais réussi à captiver un large public a commencé un long sommeil qui aura duré près de quatorze ans, jusqu’à l’annonce inespérée d’Endless Ocean : Luminous sur Nintendo Switch. Une formule si atypique peut-elle trouver sa place à une époque où l’emphase est mise sur les jeux éternellement rejouables et toujours connectés ? ARIKA tente d’offrir sa réponse, mais trébuche en chemin.


Ce test a été réalisé à partir d'une version presse fournie par l'éditeur

Forever Blue


L'immersion fait son petit effet les premières heures
On connaît surtout le studio ARIKA aujourd’hui pour la conception de Tetris 99, Super Mario Bros. 35 et Pac-Man 99. C’est donc sans une grande surprise que l’on découvre que ce nouvel épisode d’Endless Ocean essaie lui aussi d’adopter une formule similaire, avec une attention particulière au multijoueur et un certain délaissement du reste. Il s’agit toujours d’un jeu d’exploration sous-marine qui se veut volontairement zen et dénoué de tout stress : les créatures aquatiques, aussi féroces peuvent-elles paraître, ne vous attaqueront jamais. Pas de gestion de l’oxygène ou du climat, il n’y a concrètement aucune menace ni de friction quant à l’exploration. Le jeu est encore plus simpliste que les épisodes précédents sur Wii : il n’y a plus non plus de possibilité d’améliorer ses outils, ou même la présence d’outils tout court. La seule interaction avec son environnement consiste en scanner des poissons ou des trésors trouvés dans les fonds marins, qui se fait avec la simple pression d’un bouton.

Les créatures sont parfois si loufoques qu'on pourrait se demander si elles existent vraiment
Oubliez également toute idée de jouer seul à cet épisode. Si la possibilité de plonger en solitaire reste possible, les objectifs sont clairement pensés pour être faits à plusieurs : ils consistent souvent à scanner différentes créatures spéciales qui sont réparties à plusieurs endroits de la carte, mais naviguer d’un extrême à l’autre peut prendre de nombreuses minutes. L’expérience est clairement pensée pour que plusieurs plongeurs se partagent les tâches afin de remplir les objectifs bien plus vite. Ne parlons pas du mode histoire, réduit cette fois-ci à un simple tutoriel de quelques minutes et dont les chapitres postérieurs sont bloqués derrière des conditions de progression si ardues que seuls les plongeurs les plus forcenés en verront le bout. Tout cela pour des séquences ridiculement courtes et narrées par une voix d’intelligence artificielle. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

La philosophie du jeu repose entièrement sur ses fonctionnalités de multijoueur en ligne et c'est bien sûr ce point que l'expérience du développeur sur les jeux "99" se ressent. Chaque plongeon se déroule dans un océan généré procéduralement et où la variété de biomes et poissons y est complètement aléatoire. Une fois les pieds dans l'eau, vous rencontrerez progressivement d'autres plongeurs, jusqu'à 30 dans le même océan, eux aussi en quête de créatures marines rares à scanner. Une fois qu'un certain nombre de plongeurs a rejoint l'instance, le jeu va déterminer un nouvel objectif à atteindre qui consiste généralement à rejoindre différents emplacements sur la carte et y trouver un poisson spécial. Une fois que tout le monde a contribué, une créature marine spéciale va apparaître. Ces espèces de boss poissons ne peuvent être rencontrées qu'après avoir complété un objectif de niveau et sont particulièrement impressionnantes. Du Kraken au Léviathan, c'est à ce moment que les développeurs relâchent quelque peu le côté documentaire du jeu et font preuve d'imagination.

La génération des océans est procédurale mais pas entièrement aléatoire, les morceaux de cartes restent faits à la main
Le multijoueur fonctionne particulièrement bien et se marie aussi bien avec une expérience coopérative que solitaire. Le pari de ce côté-ci est réussi, mais il n'est clairement pas suffisant pour sauver tout le jeu. La progression reste en effet risible : en dehors de scanner des créatures marines et récolter des pièces pour acheter des couleurs de combinaison et des autocollants, il n'y a concrètement rien pour marquer son évolution dans le jeu. L'absence de mécaniques de RPG, pourtant présentes dans les premiers jeux, retire à ce nouveau titre toute sensation de progression et on peine à trouver un intérêt à relancer le jeu, si ce n'est pour en apprendre plus sur la biodiversité sous-marine (mais là à nouveau, il existe de nombreuses plateformes et outils bien mieux adaptés à cela).

| Conclusion |

Le virage d'Endless Ocean: Luminous ne convainc pas et laissera certainement les fans des deux premiers jeux sur le bas-côté. Avec une absence complète de progression et la disparition des mécaniques de RPG, il ne reste qu'une expérience zen et partageable à plusieurs. Il n'est pas mauvais à ces égards-là, mais au prix conseillé de cinquante euros, c'est plutôt cher payé pour des descriptions de poissons et des bruits sous-marins.
1020
Bons points
L'immersion fait son petit effet quelques temps
Un outil éducatif intéressant
L'aspect multijoueur est réussi...
Mauvais points
...mais sacrifie tout le reste
Rachitique au possible
Totalement dénué d'intérêt pour les joueurs solitaires
Manque de récompenses à la progression
Vite lassant
Vendu beaucoup trop cher pour ce qu'il offre
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