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Disgaea 6 - Defiance of Destiny

Disgaea 6 - Defiance of Destiny - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     le 11/07/21 à 00:00     0 Coms et 292 Vues Vue étendue
Habituellement, on sait à quoi s’attendre lorsque l’on se lance dans un nouveau titre de la série Disgaea. RPG tactiques depuis la tendre enfance de la PlayStation 2, les jeux n’ont que très peu changé au fil du temps, se contentant généralement d’ajouter de nouvelles mécaniques et davantage de contenu, mais sans jamais altérer le principe ou le style visuel. C’est ainsi avec grande surprise que l’on a découvert, lors de son annonce, que Disgaea 6 - Defiance of Destiny rompra avec une des plus anciennes traditions de la série, en passant des sprites 2D qui ont forgé l’esthétique des jeux à un style tout en 3D, des personnages aux décors. S’agit-il de l’épisode de la rupture et de la modernité ? Réponse dans le test.


Ce jeu a été testé à partir d'une version presse fournie par l'éditeur. Toutes les images fournies viennent de la version portable du jeu.

Tactique de poche, mec


Disgaea s'est toujours moqué des codes du J-RPG, ce cet épisode ne fait pas exception
Disgaea, à l’image de sa mascotte, le Prinny, est une valeur sûre. Un petit plaisir qui ne change pas au fil des années. Le temps passe, de nouveaux jeux sortent, mais Disgaea reste ce qu’il a toujours été : une série de tactical RPG mélangeant un univers macabre et loufoque avec un gameplay fignolé qui permet d’investir aisément des centaines d’heures dans chacun des épisodes. Prenez une grille de déplacement semblable à ce que l’on trouve dans Fire Emblem, des personnages divers et variés allant de monstres zombies à cowboys, super héros et puissants mages tout en passant par les sortes de pingouins que sont les Prinny ou même des Succubes, quelques particularités de gameplay comme la possibilité de soulever et lancer les personnages autant alliés qu’ennemis, une grosse tendance aux chiffres exponentiels et vous avez tout le sel de la formule Disgaea. Même ce sixième épisode reste très similaire à ce niveau-là, et il faut dire que puisque la formule marche toujours autant, il n’y a pas vraiment besoin de changer une recette qui fonctionne.

Le style 3D fait débat, mais une fois le jeu entre ses mains, il sied particulièrement la console en mode portable
Cela ne veut toutefois pas dire que les changements ne sont pas nombreux cette fois-ci pour autant. Le plus évident de tous, et sans doute celui qui a fait le plus controverse, repose dans le nouveau style visuel du jeu. Pendant près de 15 ans, la série Disgaea s’est cantonnée à la 2D pour tout ce qui est personnage et animations. Les décors étaient déjà en 3D, ce qui était nécessaire pour avoir cette perspective isométrique pendant les combats, mais tout le reste était en sprite, et ce jusque Disgaea 5 Complete il y a quelques années. Disgaea 6 - Defiance of Destiny est, à ce niveau, l’épisode de la rupture, puisqu’il passe finalement le cap et introduit des modèles 3D pour tous les personnages, autant alliés qu’ennemis, du jeu. Le style très connu de Harada Takehito, character designer en charge de la série depuis ses débuts, n’avait encore jamais été appliqué sur des modèles 3D et le changement est certainement assez perturbant au début. Toutefois, il s’installe et devient rapidement assez naturel après quelques heures passées à jouer. Ce nouveau style permet d’ailleurs des animations plus dynamiques et détaillées, ainsi que des personnages plus expressifs. Le contrecoup de ce changement repose dans la fluidité globale du jeu, et là où Disgaea 5 Complete était irréprochable, on perd en précision ici puisqu’en mode Graphismes, où le jeu tourne à la résolution maximale de 1080p en mode TV (720p en mode portable) le jeu tourne à un maximum de 30 images par seconde et pêche souvent en dessous lors des scènes chargées, ou dans la base principale. Les options permettent de passer en mode Équilibre, qui baisse légèrement la résolution du jeu, mais augmente de manière significative le framerate. Il y a également un mode Jouabilité, qui monte jusqu’à 60 images par seconde, mais le contrecoup graphique est tel qu’il est impossible de le recommander. Globalement, le jeu n’étant pas du genre à demander le moindre réflexe ou mouvement rapide, jouer en mode Graphismes ou Équilibre suffit largement, mais il est dommage de voir ces problèmes techniques, qui sont sûrement imputables au fait qu’il s’agisse du premier jeu de la série à passer à la 3D, vu que le jeu n’est pas spécialement un foudre de guerre visuel non plus.

Les géocubes et leurs géoeffets sont de retour
D’autres changements sont également de la partie. Disgaea 6 - Defiance of Destiny a l’objectif d’être la meilleure porte d’entrée possible dans la série, et compte accomplir cela en réduisant le nombre de mécaniques héritées des précédents épisodes pour se concentrer sur l’essentiel, et simplifier l’expérience pour les nouveaux venus. Il faut bien se dire que jusqu’à récemment, chaque Disgaea récupérait l’entièreté des mécaniques des précédents jeux et rajoutait sa propre couche par-dessus, ce qui faisait, lorsqu’arrivé à Disgaea 5 Complete, un jeu extrêmement riche et profond, mais également assez difficile à aborder pour les néophytes. Nous accueillons à bras ouvert cette simplification dans Disgaea 6, surtout qu’elle est faite de manière assez intelligente. Le Chara World, un complexe jeu de plateau qui servait à remettre son personnage au niveau 1 tout en conservant ses statistiques pour le rendre plus puissant, a été entièrement retiré et remplacé par la nouvelle mécanique de Super Réincarnation qui, en plus d’être justifiée par l’histoire du jeu, permet de faire la même chose mais en passant par l’Assemblée, qui ne demande qu’un peu de Mana pour faire la même chose. La plupart des paramètres de chaque personnage ont été simplifiés pour n’en laisser que quelques-uns vraiment uniques. Tout a été fait pour qu’il soit cette fois-ci possible d’interagir avec toutes les mécaniques, et surtout de les apprendre petit à petit, sans se sentir noyé sous le nombre de possibilités. Bien sûr, les fondamentaux ont été conservés, et les fans seront contents de savoir qu’il est toujours possible de se perdre dans l’Item World, ou que le système de votes et de corruption de l’Assemblée a été conservé. Le Cheat Shop, qui permet littéralement de tricher et de changer les valeurs du jeu, fait également son retour. Quelques petits ajouts supplémentaires rendent le jeu plus agréable également : l’Auto-Battle permet de laisser l’ordinateur prendre contrôle de ses personnages et de jouer par elle-même, et cela couplés aux Boucles permet de farm un certain niveau en boucle, très rapidement, afin d’accumuler l’expérience sans même avoir à jouer soi-même. Cela peut sembler dérisoire, mais c’est en réalité assez utile pour optimiser son temps et permet de grind plus rapidement qu’autrefois. Il est même possible de personnaliser la façon dont les personnages jouent d’eux-mêmes en Auto-Battle, via un système de programmation, qui rappellera Final Fantasy XII aux plus connaisseurs de nos lecteurs.

Le coût de la transition


La 3D aide vraiment à la mise en scène du jeu, mais reste limitée
Toutefois, certaines coupes nuisent à la diversité du jeu en termes de bestiaire. Il est vite évident que le passage à la 3D a exigé du développeur NIS de ne pas inclure l’entièreté des classes et monstres des précédents jeux. Il faut rappeler que dans la série Disgaea, tous les monstres et ennemis rencontrés sont en réalité des classes qu’il sera possible de recruter dans sa propre armée, à l’exception des boss. Des 45 classes de Disgaea 5 Complete, il n’en reste plus que 22 dans Disgaea 6, et même si le premier avait un certain nombre de doublons qui ont été fusionnés en une unique classe dans le 6, il n’empêche que le manque de variété se fait sentir et que certains favoris ne sont pas disponibles dans cet épisode. Les personnages des précédents jeux, tels que Laharl et Etna, sont à nouveau présents via les DLCs gratuits déjà intégrés au jeu, mais il faudra attendre de voir si le futur contenu téléchargeable ramènera davantage d’anciennes classes.

Chaque personnage a un style visuel unique
Nous avons détaillé tous les changements qui intéresseront surtout les aficionados de la série, ceux qui ont déjà mis les mains dans le cambouis il y a bien longtemps de cela. Mais qu’en est-il du jeu lui-même, des personnages, de son monde et de sa progression ? Disgaea 6 - Defiance of Destiny part d’une idée aussi absurde qu’intrigante : si un Zombie pouvait éternellement revenir à la vie, pourrait-il un jour vaincre le plus puissant Dieu de la Destruction ? C’est de ce postulat qu’est né Zed, protagoniste de cet épisode, et qui tranche radicalement avec les anciens jeux qui nous faisait contrôler un humain souvent déjà assez costaud de base. La force de Zed, c’est son pouvoir de Super Réincarnation, qui lui permet à lui, pauvre Zombie extrêmement faible de niveau 1, de continuellement revenir à la vie à chaque mort, en devenant légèrement plus puissant à chaque fois. Il part alors en tête de tuer le terrible Dieu de la Destruction, qui sème le chaos dans les différents mondes, quitte à mourir des dizaines de milliers de fois avant de lui infliger la moindre égratignure. Le ton est vite donné et on apprécie très vite les personnages qui animent cet épisode. Ils sont tous plus loufoques et débiles les uns que les autres, chacun étant là pour une raison particulière, et contrastent fortement avec ceux de Disgaea 5, beaucoup trop sérieux et qui nuisaient à l’écriture. Ici, on ne se prend pas trop au sérieux, on retourne dans un humour plus proche du premier épisode que des autres, et c’est très appréciable. Mention spéciale à Zed, qui est facilement l’un des meilleurs protagonistes de la série, autant pour son design que pour sa tendance au sadisme et à l’exagération. Et entre un roi beaucoup trop riche pour ce qu’il peut dépenser, une princesse de conte de fées qui cherche désespérément sa happy ending, une héroïne de Super Sentai, un ancien mage surpuissant transformé en chien Zombie et une vieille dame qui se la joue magical girl, les dialogues tournent vite au ridicule, et on ne saurait demander mieux.

La progression au cours de l’histoire est limpide, même si là aussi les coupes se font ressentir, et le manque de budget également. Sans trop divulgâcher quoi que ce soit, le jeu ne possède pas vraiment de combats de boss comme les précédents jeux, mais se contente de recycler l’apparition du Dieu de la Destruction à chaque fin de chapitre (ou presque) comme épreuve finale avant de passer au prochain. Narrativement, c’est drôle, mais on regrette l’absence de véritables combats de boss, surtout vu comme ils pouvaient être ingénieux dans Disgaea 5.

Enfin, mention spéciale à la bande-son, qui est toujours de très haute voltige. Disgaea a toujours eu un style musical très particulier, mélangeants morceaux mélancoliques avec chansons endiablées, et cet épisode ne fait pas exception à la règle.

| Conclusion |

Disgaea 6 - Defiance of Destiny est un épisode de transition, qui a pour objectif de transformer la franchise afin de la rendre plus attrayante et accessible aux nouveaux venus. Un nouveau style visuel, une progression simplifiée et des ajouts de conforts, il s’agit clairement de l’épisode le plus agréable à jouer, et celui que l’on recommanderait à ceux qui souhaiteraient découvrir la série. Mais la transition se fait à un coût, celui de pas mal de contenus des précédents jeux, essentiellement au niveau des classes, ainsi que dans le recyclage parfois un peu extrême de contenu. Disgaea 6 - Defiance of Destiny reste un jeu Disgaea digne de ce nom, et plaira sans nul doute à tous ceux qui savent à quoi s’attendre, d’autant qu’il retourne aux origines de la série en termes de personnages et d’humour, ce qui n’est pas pour déplaire.
1420
Bons points
La formule Disgaea, toujours aussi efficace
Un nouveau style visuel assez réussi
Plus accessible, plus agréable à jouer
De nombreux petits ajouts de conforts
Zed et sa troupe sont désopilants et attachants
Mauvais points
Quelques soucis techniques
Moins de contenu qu’auparavant
Moins de diversité au niveau des classes
Des coupes parfois très visibles
1 commentaire Voir sur le forum
Vector96
876 posts
Vector96, Lun 12 Juil 2021 - 20:04 :
J'ai toujours du mal avec cette série. Même si il y a eu pas mal d'amélioration que les fans ne vont pas dire non.

Quand je vois les chiffres présent dans le jeu.