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Famicom Detective Club : The Missing Heir & The Girl Who Stands Behind

Famicom Detective Club : The Missing Heir & The Girl Who Stands Behind - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     le 10/06/21 à 00:00     0 Coms et 111 Vues Vue étendue
Mario, Zelda, Metroid, nombreuses sont les grandes licences de Nintendo nées sur NES, la première console de la firme. Plus rarement, on mentionnera Kid Icarus ou Wrecking Crew. Mais peu de gens se souviennent d’une certaine licence pourtant issue du père de Metroid, Yoshio Sakamoto. Famicom Detective Club fait partie de ces titres cultes, restés coincés au Japon depuis 1988. C’est donc avec grande surprise de voir que Nintendo a confié à MAGES le développement des remakes des deux premiers jeux, Famicom Detective Club : The Missing Heir et Famicom Detective Club: The Girl Who Stands Behind. Que valent ces titres vieux de plus de 30 ans, et en quoi consiste leur adaptation Switch ? Réponse dans le test.


Ce jeu a été testé à partir d'une version presse fournie par l'éditeur

Mystères et compagnie


Une image de Famicom Tantei Club II sur Famicom, traduit en anglais par des fans. On revient de loin !
Une remise en contexte est toutefois importante, s’agissant de jeux plutôt particuliers. Les Famicom Detective Club sont des jeux d’aventure, souvent incorrectement appelés visual novel, dans lequel on incarne un jeune détective au nom de notre choix, devant enquêter et résoudre des crimes impliquant souvent des meurtres mystérieux. On est dans l’exercice le plus pur du genre, à savoir des options de dialogues qu’il faudra utiliser sur chaque personnage pour extraire le plus d’informations possible, des décors à analyser au peigne fin pour récupérer des objets dissimulés pour déclencher de nouveaux dialogues et progresser dans l’histoire. Pensez Snatcher, Policenauts ou même les phases d’enquête des Ace Attorney. Ce côté old school est important à garder en tête, puisque, et nous le détaillerons plus tard dans le test, le jeu conserve tout ce qui faisait le charme des jeux du genre, mais aussi tout ce qui pouvait frustrer déjà les joueurs de l’époque.

Le premier des deux remakes est Famicom Detective Club : The Missing Heir, et commence par le réveil de notre protagoniste, au pied d’une falaise escarpée, aux côtés d’un certain Amachi qui l’a découvert par hasard. Il découvre ensuite qu’il a perdu tous ses souvenirs, jusqu’à même son nom, ce qui ne lui facilite pas la tâche lorsqu’il apprendra, par le biais du domestique de la noble famille Ayashiro, qu’il a été engagé pour enquêter sur le possible meurtre de Kiku Ayashiro, matriarche de la famille. Il devra alors récupérer ses souvenirs petit à petit, résoudre un crime mystérieux qui s’annonce beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, et comprendre pourquoi il a perdu la mémoire. Le tout saupoudré par une dose de surnaturel, avec une légende proclamant que la famille Ayashiro est maudite et réveillera les morts pour emporter avec eux tout ceux ayant pêché se propageant de par le village. Fort heureusement pour notre jeune détective, il sera aidé par Ayumi Tachibana, sa fidèle collègue et amie.

Le protagoniste n'a pas de nom par défaut, mais Taro est le nom utilisé dans les bandes-annonces
Le déroulé de l’histoire est la principale raison de jouer à ces jeux, le gameplay étant tenu à son strict minimum (avec toutefois quelques petites escapades inattendues, dont nous ne gâcherons pas la surprise dans ce test). Et même si l’impression initiale n’est pas très encourageante, le rythme du jeu étant bizarrement découpé avec une première moitié très lente, la trame se dégoupille assez bien une fois lancée et les révélations s’enchaînent avec un certain brio. La force du titre repose dans la certaine simplicité de son histoire, un crime familial autour d’un important héritage dans un village reculé, mais qui est remarquablement exécutée, avec des personnages qui respirent l’authenticité. L’histoire n’est pas non plus aussi prévisible qu’il y paraît initialement, et on mettra au défi les lecteurs de prévoir la tournure finale des évènements avant d’y être. On apprécie particulièrement la façon dont les nombreux mystères finissent par s’emboîter, se répondant les uns les autres, pour compléter le puzzle et trouver le whodunnit. La conclusion est satisfaisante, et va bien plus loin que le pitch de base ne laissait entendre.

Le colombo du nippon


La présentation du jeu est de très haute volée
L’enrobage est également de particulièrement haute qualité. La refonte visuelle du studio MAGES force le respect tant il s’agit là de l’un des plus beaux jeux du genre jamais sorti. Les personnages, de base déjà fort détaillées, sont tous animés via une technologie similaire au Live2D, qui permet aux sprites d’être constamment en mouvements, même de façon subtile, ce qui rend les personnages et les dialogues particulièrement vivants. Les décors sont de toute beauté, et on note même de nombreuses variations de lumière en fonction de l’heure de la journée et de la météo. MAGES n’a clairement pas chômé à ce niveau, et si on peut trouver que les jeux sont plutôt chers par rapport aux standards du genre (les deux jeux sont à 60 € l’ensemble sur l’eShop), des efforts ont clairement été fournis pour mériter ce tarif. Mention spéciale également à la bande-son, entièrement recomposée pour l’occasion, avec la possibilité incluse de choisir les musiques des jeux d’origines dans les options.

Malheureusement, l’effort de refonte s’est arrêté à l’aspect visuel et sonore du jeu, pour le meilleur et pour le pire. Sans doute dans un effort de respect de l’œuvre d’origine et de conservation de ce qui faisait son charme, la progression et le script ont été préservés à l’identique dans ces remakes. Autant ce n’est pas un problème concernant l’écriture, autant la progression aurait clairement pu bénéficier de changements. Pour avancer dans l’histoire, il faudra épuiser certains choix de dialogues avec certains personnages, ou effectuer les bonnes actions aux bons endroits. Le problème, c’est que même si le jeu indique vaguement où reste-t-il des actions à effectuer, il ne dit en rien ce qu’il faut faire. Pire, il faudra souvent utiliser le même sujet de conversation avec un personnage puisqu’il a souvent plusieurs choses à dire dessus, mais le jeu n’indique jamais si le sujet est épuisé ou pas, et il faudra le deviner en les essayant tous, plusieurs fois, jusqu’à ce qu’ils se répètent, signifiant qu’on en a tout tiré. Il s’agit là du principal, voire seul, défaut de ces remakes, qui fait s’allonger sans grande nécessité l’histoire à cause d’une progression hachée et souvent frustrante, lorsque l’on ne sait pas quoi faire pour avancer. Certains apprécieront peut-être le côté détective assumé et typique des jeux du genre de l’époque, mais plus d’indices sur comment avancer auraient été le bienvenu pour fluidifier le déroulé de l’histoire.

Bon niveau d'anglais requis pour ne pas se perdre
Famicom Detective Club : The Girl Who Stands Behind met davantage l’accent sur le surnaturel, dans une enquête menant notre protagoniste au sein d’une école où la rumeur court qu’une jeune fille fantôme apparaît derrière les étudiants pour les assassiner. Il s’agit de l’épisode le plus connu des deux, puisqu’il introduit plus en profondeur le personnage de Ayumi Tachibana, qui est plus impliquée dans l’histoire que dans The Missing Heir. Une curiosité intéressante repose dans le fait que The Girl Who Stands Behind, bien qu’il soit le deuxième jeu de la série, est en réalité une préquelle au premier, se passant chronologiquement avant celui-ci. Il est donc tout à fait envisageable de faire le second jeu avant le premier, et ce procédé a même été prévu par les développeurs puisque de chouettes révélations ne sont entièrement comprises qu’après avoir fait les deux jeux (même s’ils ne sont pas liés d’un point de vue scénaristique).

Globalement, le second jeu est meilleur que le premier puisqu’on ne retrouve pas les problèmes de rythme, l’évolution de la trame étant bien mieux répartie entre les différents chapitres. Le fait de s’habituer à la progression hachée dans le premier jeu permet également de mieux s’en sortir dans le deuxième, ce qui donne une expérience plus condensée et fluide. Les deux histoires se valent, avec chacun leurs points forts sur lesquels nous ne nous étalerons pas par souci de spoilers, mais elles répondent très largement aux attentes des amateurs de récits de détectives qui sont la cible de ces jeux. Comptez environ une dizaine d’heures de jeu pour le premier des deux jeux que vous ferez, et deux à trois heures de moins pour le second.

Vient enfin la traditionnelle question du prix, qui anime les débats autour du jeu sur les réseaux sociaux. Le jeu est en effet vendu plein pot, soit 60 €, et uniquement sur l’eShop, seul le Japon ayant eu droit à une sortie physique via une édition limitée. Rappelons au passage qu’il n’est traduit qu’en anglais, avec des voix uniquement en Japonais. Pour une durée de vie avoisinant les 15-20 heures, le tarif peut effectivement sembler assez raide, surtout lorsqu’il est comparé aux standards plus récents des visual novels, qui sont soit moins chers soit beaucoup plus longs. Toutefois, aucun d’entre eux n’arrive à la cheville de Famicom Detective Club en termes de présentations, et Nintendo avait clairement en tête de faire de ces remakes de véritables prouesses techniques (encore une fois, relatif au genre), avec un enrobage extrêmement soigné. Nous avons déjà parlé des visuels, mais même le doublage japonais est de haute volée avec notamment des voix très connues derrière les personnages principaux, tels que Megumi Ogata (aka Shinji de Evangelion) pour le protagoniste, Yuko Minaguchi (Videl de Dragon Ball) pour Ayumi ou encore Tomokazu Siguta (Gintoki de Gintama) pour Amachi dans The Missing Heir. Tous les efforts ont été mis pour avoir une expérience véritablement premium de ces jeux, ce qui ne fera pas forcément pencher la balance pour tout le monde, mais qui justifie au moins, d’une façon, le tarif.

| Conclusion |

Famicom Detective Club: The Missing Heir et The Girl Who Stands Behind sont clairement des sorties atypiques dans le paysage vidéoludique actuel. Reliques d’un temps révolu, elles permettent de se plonger dans des pépites qui ont marqué l’histoire de Nintendo, avec une refonte graphique conséquente qui sied très bien à la Switch. Il faudra toutefois s’armer de patience, et de son meilleur anglais, puisque les jeux ont été conservés à l’identique, et peuvent être assez difficile à appréhender. On conseille aux amateurs du genre qui cherchent une expérience premium, et aux curieux de connaître ce bout d’histoire de la firme de Kyoto, mais pas forcément à tout le monde.
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Bons points
Deux très bonnes histoires qui n'ont pas pris une ride
Refonte visuelle qui force le respect
Parfait pour la Switch
Un genre de jeu qui se fait rare aujourd'hui, surtout avec un tel soin
Mauvais points
Progression très archaïque et datée
Uniquement en anglais
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