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The World Ends With You: Final Remix

Jaquette

The World Ends With You: Final Remix - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     le 08/01/19 à 00:00     0 Coms et 167 Vues
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Au carrefour de Shibuya, personne ne vous entendra crier. Exactement une dizaine d’années après la sortie du jeu d’origine, Square Enix ressort du placard l’un des jeux les plus singulier et unique qu’il ait jamais produit dans une nouvelle déclinaison sur Switch : The World Ends With You: Final Remix. Véritable produit de son époque, il dépeint un Shibuya où toutes les âmes se rencontrent et dans lequel Neku se réveillera un jour sans comprendre comment il est arrivé là ni pourquoi il ne peut plus interagir avec qui que ce soit. Comment ce jeu au style si atypique qui exploitait notamment le double écran sur DS a pu faire sa transition sur Switch et a-t-il réussi à conserver son charme ? On répond à toutes vos questions après le refrain.


What a Wonderful World


Invisible au centre du quartier le plus bruyant et actif de Tokyo, Neku se retrouve prisonnier amnésique d’un jeu aux conséquences mortelles dont le ticket d’entrée était ses souvenirs du passé. Il va devoir se trouver un partenaire et survivre sept jours pour espérer avoir une chance de retourner dans le monde réel, mais le Maître du jeu n’aura aucune pitié et compte bien envoyer ses troupes de Reapers et d’Echos pour lui barrer le chemin tant que possible.

Le monde de The World Ends With You est aussi atypique qu’il est stylisé. Bien loin des plaines herbeuses et des grottes humides que les jeux Square Enix ont l’habitude de nous faire visiter par palettes, il est ici question de déambuler dans les rues étroites et les carrefours bondés de Shibuya, quartier connu pour être à la pointe de la mode et des tendances qui seront d’ailleurs des thèmes récurrents tout au long du jeu. Le point de départ est le fameux Shibuya Crossing, et à partir de là l’aire de jeu se découpe en plusieurs sections qui seront soit directement accessibles dès le départ, soit bloquées par un Reaper et son épreuve qu’il faudra réussir pour passer à la suite. La progression continue ainsi tout au long du jeu : Neku reçoit une mission au début du premier jour lui donnant quelques objectifs à atteindre pour ne pas se faire effacer en fin de journée, et il est souvent question de les remplir en se rendant sur place et en éliminant l’Echo problématique. Rassurez-vous toutefois, même s’il est question de chronomètre dans le scénario, le temps passé en jeu n’est pas réellement comptabilisé et il n’est pas possible d’être trop lent dans l’exécution de sa mission.

Le contexte beaucoup plus moderne et urbain se répercute aussi sur les thèmes abordés par l’intrigue. Là où Final Fantasy aborde l’héroïsme, la chevalerie et le courage typiques aux récits épiques dont il s’inspire, The World Ends With You parle de solitude, de confiance en soi et de recherche de son identité dans une société constamment en mouvement. Il ne faut pas s’attendre là à une écriture révolutionnaire et engagée qui aurait pour objectif de faire changer les choses, mais le choix d’un tel contexte pour un J-RPG est assez novateur et rafraîchissant, particulièrement de la part de Square Enix. Le jeu déroule l’histoire d’une troupe d’adolescents alors en plein boom technologique à la fin des années 2010 et qui sont la cible à conquérir pour toutes les grandes marques de vêtements. Toutefois, quelque chose se trame dans les bas-fonds de Shibuya et le cycle supposé infini du jeu dans lequel Neku et ses amis se retrouvent enfermés va se faire perturber par des éléments que le grand Compositeur, sorte de figure divine sur l’Underground, n’aura pas prévu dans sa grande équation.

Tous ces éléments urbains ne se cantonneront d’ailleurs pas qu’à établir un univers mais auront un impact direct sur le gameplay du jeu, qui lui aussi est complètement atypique et offre une expérience jamais vue auparavant. Les Échos à abattre n’apparaissent en effet pas sur la carte normale de Shibuya, il faut avant tout activer son badge de Joueur pour les voir déambuler et choisir lesquels se farcir. Une fois le combat lancé, le décor et l’interface changent complètement. Il est en effet question d’utiliser des badges que vous aurez auparavant équipés à Neku afin de pouvoir déployer diverses attaques à l’aide d’un certain doigté. Par exemple, un badge d’attaque physique simple demandera de toucher à répétition un ennemi pour l’attaquer en combo autant de fois qu’il sera possible. Un badge de tremblement de terre qui ne fera que ‘frotter’ légèrement l’écran de sa console causera une secousse dans toute la zone et renversera les ennemis. Les badges de jets de feu, quant à eux, demanderont de faire glisser le doigt depuis Neku jusqu’à l’ennemi pour balancer de puissants sorts. Il existe des dizaines de badges uniques avec chacun leur effet propre et il sera nécessaire de jongler entre eux afin d’adapter sa combinaison face aux points faibles et forts des différents ennemis.

I thought you couldn't afford to lose



Ce système de combat très original avait toutefois été pensé à l’époque avec l’écran tactile de la DS en tête, et surtout un stylet en main. Sur Switch, l’équipe de développement a tant bien que mal essayé de transposer un gameplay deux écrans sur un seul écran et avec parfois simplement une manette en main si vous jouez sur dock. En mode portable, le jeu n’utilisera jamais les boutons et tout se fera via l’écran tactile, comme s’il s’agissait d’un smartphone. Pour le coup, il y a peu à dire sur ce schèma de maniabilité-là puisqu’il est le plus proche de l’original possible. En revanche, en mode TV les choses sont différentes. Le jeu ne se joue en effet qu’avec un seul Joy-Con, qui sert à la fois à déplacer son personnage avec le stick ou en appuyant sur la direction où on veut aller, ce qui ne pose pas de souci, mais également à déclencher les différents badges. Pour faire simple, un pointeur apparaît sur l’écran et il faudra ensuite simuler les différents gestes (appuyer sur un ennemi, glisser d’un bout à l’autre de l’écran, ‘frotter’ l’écran etc.) en restant appuyé sur un bouton. Vous vous en doutez sûrement après avoir lu ces quelques lignes, mais l’expérience est particulièrement déconcertante et imprécise la première fois. On s’y fait éventuellement, et la maniabilité a ses avantages, mais il est clair que tout le monde n’aura pas la patience ou l’envie de jouer avec son Joy-Con comme une baguette de chef d’orchestre.

Ce qui est par ailleurs fort dommage, puisque le reste du portage Switch est assez réussi. Loin d’être une refonte complète visuellement parlant, le lissage en HD des portraits et personnages est assez agréable à l’œil et fait tout à fait l’affaire même sur grand écran. L’interface est héritée des versions mobiles mais reste plus pratique que sur le jeu d’origine, même si on aurait aimé un meilleur rangement des nombreux badges qui seront récoltés au fur et à mesure.

Cette version Switch est par ailleurs l’unique version à posséder une traduction française intégrale, l’originale étant sorti uniquement en anglais. La VF est d’assez bonne qualité, avec quelques références pop-cultures et typé fin 2010 qui contribuent fortement à cette ambiance punk-rock qui a fait l’adolescence de beaucoup d’entre nous. Il y a certes quelques coquilles ici et là, mais rien qui ne nuira à l’expérience.

Quant au contenu supplémentaire apporté par cette version, il est toujours le bienvenu mais n'apporte finalement pas grand chose à l'expérience étant donné qu'il s'agit essentiellement d'un chapitre scénarisé supplémentaire dont les conditions d'accès sont suffisamment lourdes pour repousser la plupart de ceux qui s'y essayeront sans convictions.

Il fallait enfin mettre un point d’orgue au travail magistral qui a été fait sur la remasterisation de la bande-originale du jeu. Déjà fantastique sur DS malgré la piètre qualité sonore due aux spécificités de la console, elle devient merveilleuse une fois un casque branché sur la Switch. On ne saurait vous recommander assez de porter une oreille attentive à tout le sound design du jeu qui respire, lui aussi, l’ambiance très particulière de cet univers.


| Conclusion |

The World Ends With You: Final Remix est aussi magistral aujourd'hui qu'il y a une décennie, mais ce qui surprendra vraiment ceux qui se lanceront dans leur deuxième aventure est à quel point les thèmes du jeu sont toujours autant d'actualité. Ceux qui ne l'ont pas fait à l'époque ont la chance de pouvoir baigner immaculé dans un jeu et univers complètement atypique, remis à niveau pour les grands écrans d'aujourd'hui.
1720
++ Bons points ++ Atypiquement charmant
Bande-son fantastique
Système de combat unique et ingénieux
Une intrigue qui s'époumone de passion
Des personnages écrits avec le coeur
Un lissage HD réussi pour l'occasion
Du contenu supplémentaire pour le Final Remix
Traduit en français cette fois-ci !
-- Mauvais points -- Maniabilité déroutante en mode TV la première fois
Le contenu annexe est quelque peu répétitif


Commentaires



manchot1er
manchot1er a écrit le 9 janvier :
Ravie de voir que ce jeu bénéficie enfin d'une traduction française intégrale. Cela me permettra d'ajouter ce RPG mythique de Square dans ma liste des jeux Switch à faire absolument, d'autant plus qu'on fait pas mal d'éloges sur ce titre.
Spydark
Spydark a écrit le 12 janvier :
Très bon test mon cher Kanozu. Faudrait vraiment que je trouve le temps de le faire, mais c'est vrai que la maniabilité surtout pensait pour un mode portable peut rebuter un peu. J'espère avoir le temps de le faire cette année.
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