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Dragon Quest VIII : L'Odyssée du roi maudit

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Dragon Quest VIII : L'Odyssée du roi maudit - Test

3DS     Rédigé par Lord Kanozu     le 02/02/17 à 00:00     0 Coms et 520 Vues
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A peine quatre mois après la sortie du précédent épisode, Square Enix rempile et nous administre à nouveau une dose d’histoire du JRPG dans nos veines. L’Odyssée du Roi Maudit est sans doute l’épisode le plus connu de la série puisqu’il en aura été l’ambassadeur en Europe, en tant que premier épisode à être localisé sur le vieux continent. A mi-chemin entre le classicisme légendaire de la série et l’incroyable modernité dont il faisait preuve à son époque, Dragon Quest VIII sur 3DS tente de réintroduire l’un des jeux les plus importants de son genre. Est-ce qu’il y arrive ? Réponse dans le test.


Eight's Odyssey


Des plaines vertes à perte de vue, c'est le monde de ce Dragon Quest
Il était une fois, le royaume de Trodain, petite bourgade où régnaient un Roi et sa princesse, dans un calme paisible et pacifique. C’était toutefois sans compter la perfidie du vil Dhoulmagus, qui s’infiltra dans le château pour s’emparer d’un sceptre enchanté, suffisamment puissant pour enraciner tout le royaume, ses habitants compris. Les seuls survivants furent le Roi Trode et la princesse Médéa, transformés respectivement en un gobelin et un cheval, ainsi qu’un mystérieux soldat lambda de la cour, c’est-à-dire vous. C’est ainsi que commence votre grand voyage, accompagné d’un roi transformé et forcé de quitter son royaume avec sa princesse-cavalière, à la poursuite du fou responsable de tout cela. L’Odyssée du Roi Maudit. Vous l’avez ?

Ainsi débute Dragon Quest VIII. Différents personnages viendront rejoindre la bande, tous plus hauts en couleur les uns que les autres. C’est déjà là l’un des points forts du jeu : le casting est des plus réussi. Entre Yangus le rustre barbare prêt à rentrer dans tout ce qui bouge, Angelo et son insatiable envie de plaire à la gente féminine, et Jessica au caractère assez trempé, le voyage est assez mouvementé et c’est toujours un plaisir de voir les personnages interagir entre eux. C’est bien simple, le quintet de héros que l’on incarne est si attachant qu’il permet de ne pas prêter attention aux autres personnages secondaires du jeu, ces derniers n’ayant pas la chance d’avoir bénéficié de la même attention lors du développement. C’est d’autant plus dommage lorsque l’on sort de Dragon Quest VII, le précédent épisode, qui mettait un point d’honneur à faire raconter une histoire au travers de n’importe quel personnage qu’il était possible de rencontrer dans le jeu.

Le bateau, un des quelques moyens de locomotions du jeu
De manière générale, l’un des plus gros défauts que l’on puisse trouver à Dragon Quest VIII est du côté de sa narration et de la profondeur de son scénario. L’une des habitudes de la série Dragon Quest est de compenser son manque de prise de risques concernant l’univers ou les mécaniques de combat, par une constante innovation dans la manière dont il raconte son histoire. Ainsi, dans Dragon Quest V, nous incarnions un jeune homme de sa plus tendre enfance jusqu’à son mariage en passant par son adolescence. Dragon Quest VII témoignait de la mélancolie du temps, en nous laissant voyager au travers de celui-ci. Même le décrié Dragon Quest IX apportait sa dose d’originalité en nous mettant dans la peau d’un ange déchu du paradis sans qu’il ne sache pourquoi. Toutefois, l’Odyssée du Roi Maudit ne prend aucun risque et se contente de narrer les aventures d’un groupe de guerriers à la recherche d’un certain individu. Ne nous méprenons pas pour autant, cette histoire a beau être classique, elle n’est en rien pour autant mauvaise, ni même non-appréciable. On en regrette simplement l’absence totale d’unicité, alors que la série nous avait habitué à mieux.

La Bande des Quatre


Dhoulmagus, le vil individu que vous poursuivez tout au long du jeu
De plus, bien que la bande de personnages principaux soit assez attachante, il est regrettable de noter à quel point le party chat est bâclé et moins pratique qu’auparavant. Le party chat est la possibilité de parler à ses coéquipiers en dehors des combats, afin d’obtenir quelques informations et souvent simplement des répliques sympathiques qui développent les relations entre les personnages. Dans Dragon Quest VII, par exemple, un bouton y est dédié et une simple pression de celui-ci permet d’adresser la parole à ses compagnons. C’est également le cas dans Dragon Quest VIII, mais le dialogue n’est pas donné directement, puisqu’il faut d’abord entrer dans un menu dédié, où on y sélectionne le gaillard à qui on souhaite s’adresser pour qu’il réagisse enfin. Une interaction qui prenait une seconde auparavant en prend désormais cinq (étant donné qu'il y a un temps de chargement lorsqu’on veut entrer dans le menu), et ce petit laps de temps suffit à décourager de se servir de la fonctionnalité une fois les premières heures passées.

Cette version 3DS n’est toutefois pas qu’une simple ressortie du jeu d’origine, puisque divers changements ont été opérés, pour le meilleur ou pour le pire. La différence la plus évidente est graphique, le jeu étant largement moins joli que son homologue sorti il y a plus de dix ans. Les plaines perdent de leurs couleurs chatoyantes, les décors sont moins attrayants et les personnages sont moins détaillés. Tout ceci a été sacrifié au profit de la portabilité qui, couplé au nouveau système de sauvegarde rapide, offre plus de flexibilité sur ses sessions de jeux, ce qui est fort appréciable. De plus, l’un des ajouts majeurs de cette version est sans nul doute la disparition des combats aléatoires au profit de l’apparition des monstres directement sur le terrain, comme Dragon Quest VII le faisait déjà. Cet apport soulage les déplacements et permet de mieux explorer les recoins du monde, sans devoir se soucier des incessantes rencontres. D’autres modifications rendent également l’expérience globale plus agréable, telles que l’alchimarmite qui cuit désormais instantanément vos concoctions, la possibilité d’accélérer les combats ou la traditionnelle carte du monde sur l’écran inférieur.

Jessica a tendance à ne pas mâcher ses mots
Le jeu contient également du contenu inédit supplémentaire par rapport à son homologue PS2. Ainsi, deux nouveaux personnages pourront rejoindre la bande : Rubis, la chasseuse de primes, et Morrie, le dresseur de monstres. La première rejoindra l’équipe naturellement au cours de l’histoire, et le second nécessitera de faire quelques quêtes annexes concernant notamment l’arène des monstres. Bien que ces additions soient les bienvenus, ils ont du mal à s’intégrer dans le groupe de base qui a déjà une synergie parfaite. Rubis peut se battre avec des éventails tandis que Morrie est un adepte des griffes, mais ces rôles sont plus de l’ordre du complémentaire, et remplacent difficilement l’un des quatre personnages du groupe initial. En dehors des personnages, de nouveaux donjons sont disponibles, pour ceux en quête de challenge, ainsi que des chapitres scénarisés supplémentaires détaillant le passé du héros et de Dhoulmagus, le méchant principal du jeu. Ces donjons et chapitres ne sont pas accessibles avant d’avoir terminé le jeu une première fois, et nécessitent d’avoir une équipe relativement bien préparée pour l’affrontement qui les attend. De manière générale, le jeu n’est pas bien difficile, et étant donné le faible spectre de personnalisation disponible, il serait compliqué de se rater dans l’attribution des compétences à ses personnages.

Cor Blimey !


Les combats n'ont pas fondamentalement changé, comme d'habitude
Parce que, en effet, Dragon Quest VIII introduisait un système de compétences différent des précédents jeux, et qui servira de base pour développer celui de Dragon Quest IX, quelques années plus tard. Dans cette version 3DS, il n’a pas été modifié, et consiste toujours en l’attribution de points de compétences, à chaque montée de niveau, dans cinq branches différentes par personnages. Ainsi, Angelo pourra développer ses compétences à l’épée ou à l’arc, tandis que Yangus aura le choix entre le combat à mains nues et à la hache, parmi d’autres. Le problème est que les options sont finalement peu nombreuses et que les compétences réellement utiles se comptent sur les doigts d’une main. Il n’est pas vraiment possible de changer la voie de son personnage, comme il est possible de le faire sur les autres épisodes possédant un système de job plus poussé.

Le système de combat, lui, est semblable à ce que l’on connaît, avec quelques petits ajouts. Dragon Quest VIII était le premier épisode à introduire la tension dans la série. Il s’agit de la possibilité de se concentrer pour pouvoir frapper plus fort ensuite. La tension se fait par niveaux, jusqu’à quatre tours de suite. Si le personnage se fait interrompre pendant qu’il se concentre, son niveau de tension redescend à zéro. Bien évidemment, autant les héros que les monstres sont capables de se concentrer. Cette nouveauté ajoute un grain d’imprévu qui peut donner des retournements de situations assez intéressants. Sinon, pour le reste, c’est du classique « Attaquer – Magie – Objets – Fuir ». Pas de grandes surprises de ce côté-là.

Enfin, il fallait parler de la musique. Connue pour son orchestration, la version 3DS doit se contenter d’une version synthétique des mêmes pistes, pour cause de droits. La qualité de la composition est légèrement altérée, mais elle n’en reste pas moins toujours aussi grandiose et imposante. Que ce soit le thème des déplacements sur la carte ou celui des combats de boss, chaque moment est accompagné d’une musique qui en envoie, et toujours appropriée. Petite mention pour le doublage anglais du jeu, toujours d’aussi bonne facture que l’original, bien que la voix de Jessica a dû être modifiée (la doubleuse d’origine ayant pris sa retraite) pour une autre qui lui sied un peu moins bien.

| Conclusion |

Dragon Quest propose à nouveau une grande épopée au milieu de terres remplies de mystères, et entièrement explorables. On regrette toutefois que ce soit l’épisode le moins original au niveau de sa narration et de son histoire, Level-5 se contentant de quelque chose d’assez classique et presque fade, en comparaison. En prenant en compte les autres soucis, comme les graphismes revus à la baisse, le manque de praticité du party-chat ou l’absence de personnages marquants en dehors de ceux jouables, il est difficile de conseiller autant cet épisode que les précédents. Il reste toutefois une valeur sûre pour les fans de la série, et apporte de nombreuses nouveautés qui resteront et définiront la direction des futurs épisodes, tel que Dragon Quest XI.
1520
++ Bons points ++ Un monde à l’échelle et entièrement explorable
Une bande de protagonistes attachants
De nouveaux donjons, chapitres et costumes
Rubis et Morrie jouables…
Ergonomie améliorée…
Bande-son toujours aussi grandiose…
Plus de rencontres aléatoires
Doublage anglais sympathique
-- Mauvais points -- Scénario classique et narration sans saveur
Visuellement peu attirant
Quid des autres personnages que les protagonistes ?
…mais s’intègrent difficilement dans l’équipe
…mais le party-chat reste peu pratique
…mais à la qualité sacrifiée pour cette version
Peu de personnalisation au niveau des compétences


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