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Hotline Miami Collection

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Hotline Miami Collection - Test

Switch     Rédigé par Raytreau     le 24/08/19 à 00:00     0 Coms et 251 Vues
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2012. Une petite bombe tombe sur le monde du jeu vidéo indépendant : il s’agit d’Hotline Miami, un “top-down shooter” (comprendre par là une sorte de shoot’em up vu de dessus) où se mêlent ultra-violence, scénario tiré par les cheveux et folle bande-son. Le succès sera tel que le titre deviendra une icône du monde “indé”, propulsant son éditeur Devolver Digital sur le devant de la scène et engendrant une suite, Hotline Miami 2: Wrong Number, sorti quant à lui en 2015. Nous sommes en 2019, et Hotline Miami Collection, compilation des deux épisodes, sort finalement sur Nintendo Switch. Alors, qu’est ce que ça vaut ? Les deux jeux sont-ils toujours aussi percutants aujourd’hui, et surtout, le portage est-il à la hauteur ?


"Do you like hurting other people?"


L'écran titre met directement dans le bain
Dès le tout début de Hotline Miami, le ton est donné : “Je suis ici pour t’expliquer comment tuer”, tels sont les premiers mots qui vous seront adressés, au travers d’un tutoriel vous donnant les indications nécessaires pour faire face aux hordes d’ennemis qui vous attendent. Parce que c’est ça, Hotline Miami : un homme, seul, des salles pleines de Russes à descendre. C’est, à quelques détails près, tout ce qu’on vous demandera ici : survivre mais surtout être le dernier debout, pour répondre aux exigences d’une mystérieuse organisation. Le scénario et ses enjeux se veulent cryptiques, libres d’interprétation : c’est au joueur de recoller les morceaux au fil des sauts dans le temps et des interludes entre les différents actes du jeu.

Oh les zolies couleurs !
Mais avant de remettre de l’ordre dans l’histoire du soft, il va falloir apprendre à en dompter son gameplay. En bon “twin-stick shooter”, il va tout d’abord falloir réussir à gérer le stick gauche pour les déplacements du personnage et le droit pour viser, et ça ne sera pas forcément une mince affaire. Car Hotline Miami se veut difficile, punitif, où l’action va à 100 à l’heure et où la moindre erreur est synonyme de mort. Pur “die & retry”, il ne sera pas rare de devoir recommencer de nombreuses fois certaines salles avant de pouvoir passer aux suivantes, mais le dynamisme général et la rapidité du “respawn” ne rendront jamais l’échec bien frustrant puisqu’on pourra retourner casser des crânes presque aussitôt : on aura même tendance à toujours vouloir y retourner plus vite, le tout étant plutôt pas mal addictif.

Très vite, Hotline Miami vous demandera de réfléchir mûrement vos décisions
Reste encore à savoir quelle approche adopter : foncer dans le tas ne se soldera que rarement par une réussite, à moins de prévoir à l'avance le comportement quelquefois assez imprévisible de l'intelligence artificielle. Fort heureusement, vous pourrez compter sur de nombreux bonus illustrés sous la forme de différents masques, que vous devrez choisir avant le début de chaque mission. Mais attention toutefois, vous ne pouvez évidemment porter qu'un masque à la fois, à vous donc de faire votre choix en conséquence selon le niveau à venir ou votre style de jeu. De plus, ces déguisements se débloquent au fil de l'aventure, il faudra donc obligatoirement progresser pour avoir la chance d'en profiter.
Autre élément important : Hotline Miami est un jeu à scoring, et oui ! S’il ne sera pas nécessaire d’obtenir de gros scores pour passer à la suite, de bons résultats permettront de débloquer de nouvelles armes, histoire de toujours trouver des façons originales de verser le sang de vos ennemis. Et si vous avez déjà votre arsenal préféré, vous pourrez toujours tenter le highscore pour frimer sur le leaderboard.

Sike, that's the wrong number!


La grandeur des zones du second jeu ne manquera pas de vous dérouter les premières fois
Bon. On a bien parlé de Hotline Miami, mais qu’en est-il de sa suite, Wrong Number ?
C’est simple : Hotline Miami 2 transpose toute l’essence du premier jeu à une bien plus grande échelle. Les niveaux sont beaucoup plus vastes, la difficulté du premier nous semblerait presque anecdotique face aux pièges de ce second opus et la durée de vie s’en retrouve décuplée. Ajoutez à cela la présence d’un mode difficile (de quoi mettre vos nerfs à rude épreuve) rendant les situations toujours plus tendues et obligeant le joueur à revoir toutes ses stratégies... Dire que Hotline Miami 2 est une excellente conclusion à la série est un euphémisme tant les efforts de Dennaton Games pour étoffer le contenu du titre par rapport à son aîné sont importants : avec ses nombreux personnages (ayant pour la plupart tous leurs propres bonus, à l’image des masques du premier épisode), ses histoires liées et ses nouvelles possibilités de gameplay (telles que les armes doubles ou la roulade d’esquive), on n'a pas fini de tirer dans tous les sens.

Comment parler de la série Hotline Miami sans évoquer son ambiance “flashy-néons” et surtout sa musique ? Souvent considérée (à raison) comme le principal instigateur de l’arrivée du mouvement synthwave dans le monde du jeu vidéo, les deux opus nous régalent d’une atmosphère teintée de références aux années 80 de par sa palette de couleurs pétantes, le tout sur fond de mélodies électroniques endiablées évoquant de près ou de loin les eighties. Car oui, s’il y a bien une qualité reconnue universellement dans Hotline Miami et Hotline Miami 2, c’est bien leurs bandes-son, où l’on retrouve des noms d’artistes bien connus de la scène “électro-rétro” tels que Perturbator, Mitch Murder ou encore Carpenter Brut. De quoi balancer la tête au rythme des fusillades et des effusions de sang.

GOTTA GET A (JOY-CON) GRIP!


Finissons avec le dernier point à aborder : la question du portage. Les jeux sont fidèles à ce qu’on a pu voir sur les autres plateformes avant la Nintendo Switch, et avec leur découpage en niveaux, ils se révèlent très adaptés pour des sessions courtes “on the go” en mode portable, pour notre plus grand bonheur. La maniabilité demande évidemment un petit temps d’adaptation, et il peut parfois s’avérer compliqué de jouer de très longues sessions avec les Joy-Con attachés à la console, la faute à un confort moindre qu’avec un pad traditionnel : la manette Pro permet quant à elle de pallier à ce problème en offrant une prise en main exemplaire. A noter également de petits ajustements apportés avec ces versions Switch, comme la capacité à achever ses ennemis au sol en secouant les Joy-Con (ce qui n’était faisable qu’en appuyant simplement sur un bouton avant) ou encore la possibilité d’utiliser l’écran tactile en mode portable pour déplacer la caméra avec son doigt, fonction anciennement exclusive au portage PS Vita de l’époque (mais rassurez-vous, joueurs en mode TV : il est évidemment possible d’utiliser cette fonctionnalité autrement, avec la gâchette ZL).

S’il n’est pas étonnant de voir revenir les bugs connus des autres versions depuis quelques années, la présence de nouveaux soucis est toutefois assez regrettable. Heureusement, ils ne sont pas nombreux mais peuvent parfois se révéler très pénibles, comme l’un d’entre eux faisant apparaître le menu de sélection des masques juste avant la fin de niveau (alors qu’il n’est censé apparaître qu’au début), bloquant la possibilité de le terminer pour passer au suivant. Sachez cependant qu’un patch devrait arriver sous peu, comme a pu le confirmer l’éditeur.
Aussi, la présence des succès “in-game” dans le second jeu : si cela aurait pu paraître bien de les avoir laissé sur la version Switch, la moindre des choses aurait été d’ajouter un écran récapitulatif pour voir notre progression à ce niveau… Car sans support des succès sur la console, on se retrouve avec des notifications qui au final ne présentent pas grand intérêt. Même si ce n’est pas réellement gênant, ça fait quand même tâche et donne l’impression d’un portage fait un peu à la va vite… Mais réjouissons-nous, ce sont bien là les seuls défauts de cette compilation sur la console de Nintendo : pour ce qui est du reste, le tout est très bien réalisé et les connaisseurs ne seront donc pas dépaysés.

(Merci à Ryfalgoth pour les corrections)

| Conclusion |

Hotline Miami Collection ne déçoit donc pas sur Nintendo Switch. Les deux jeux sont toujours aussi bons aujourd’hui, toujours aussi prenants, jouissifs, déroutants, et évidemment toujours aussi violents. Que ce soit en mode TV ou portable, l’expérience est des plus confortables, et encore plus grâce à la mobilité de la console de Nintendo. On pourra simplement regretter un portage très (carpenter) “brut”, sans bonus ni ajout, exceptés quelques vilains bugs. Si vous n’avez jamais joué à Hotline Miami, je ne peux que vous les recommander. Et si vous y avez déjà joué, je ne peux que vous conseiller de les redécouvrir sur Switch : ils n’ont vraiment rien perdu de leur superbe !
1820
++ Bons points ++ - Les deux classiques du jeu indépendant, enfin sur Nintendo Switch
- Un gameplay ultra nerveux et terriblement addictif
- Deux bandes-son légendaires
- Très grosse rejouabilité
- Un portage très fidèle…
-- Mauvais points -- - ... malgré quelques bugs et soucis inédits sur la console de Nintendo
- Une courbe de difficulté assez abrupte sur le second opus, pouvant parfois décourager un peu


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