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Golf Story

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Golf Story - Test

Switch     Rédigé par Lord Kanozu     le 08/11/17 à 00:00     0 Coms et 111 Vues
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Quiconque s’aventure sur l’eShop de la Nintendo Switch s’apercevra rapidement vite que la grosse majorité de la ludothèque de jeux indépendants consiste pour l’instant en portages de titres précédemment sortis sur d’autres consoles. L’une ou l’autre petite pépite arrive parfois à se démarquer, mais rares sont celles qui ont pris le pari de tout miser sur une console qui avait le monde contre elle et tout à prouver. Pourtant, c’est de l’une de ces raretés dont nous allons parler aujourd’hui. Une exclusivité Switch, uniquement disponible sur l’eShop, annoncée quelques mois après que la console soit sortie, c’est déjà un scénario peu commun, mais lorsqu’en plus il s’agit d’un jeu de golf se revendiquant héritier de la série Mario Golf, on se retrouve dans une situation assez unique. Golf Story est l’archétype de ces jeux sortis de nulle part, que personne n’attendait au tournant et qui ont au final surpris tout le monde. Perle de l’eShop ou pétard mouillé ? La réponse au dernier trou.


Bloody oath !


Petit chip-in en bord de plage
Replaçons d’abord le jeu dans son contexte. Nous sommes en 2016, et le petit studio australien Sidebar Games, composé uniquement de deux personnes, commence à développer un titre initialement prévu pour Wii U. Ils n’en sont pas à leur premier coup, mais n’ont pas encore réussi à percer à travers la foule de développeurs indépendants qui s’y essayent tout autant. Un jour, alors que la succession de la Wii U est déjà annoncée, Nintendo vient frapper à la porte des deux jeunes développeurs, pour leur proposer une offre impossible à refuser. Les choses s’emballent et quelques mois plus tard, en mai de cette année, Golf Story se dévoile aux yeux du monde, mais non pas sur la défunte console qui devait l’accueillir, mais bien sur la flambant neuve Switch. Passée l’annonce, c’est dans un silence médiatique complet que la communication se déroulera, avant une réapparition, fin août, lors du Nindies Direct, que le jeu se dotera d’une première date de sortie, prévuepour septembre. Finalement, durant la dernière semaine du mois, le jeu sort enfin, dans un mélange d’excitation et d’anxiété par rapport à un titre qui nous a vendu monts et merveilles mais en a également montré très peu.

Mais fort heureusement pour lui, ce fut un pari gagnant. Inutile de faire durer le suspense pour ceux qui liront ces lignes, Golf Story s’impose comme un excellent titre pour tout amateur de golf. Sa particularité principale, comme son nom l’indique, est de mélanger une trame principale assez poussée avec les mécaniques attendues d’un jeu de golf. Le mélange fonctionne à merveille et rappelle, non pas sans le vouloir, les heures passées sur Mario Golf : Advance Tour sur GBA.

Vous incarnez un jeune golfeur passionné qui décide de tout laisser tomber pour se lancer dans le golf au niveau professionnel et accomplir ainsi le rêve de son père. Sur le chemin de votre triomphe, vous rencontrerez une ribambelle de personnages tous plus uniques les uns que les autres, en passant de la rivale d’une mauvaise foi légendaire au coach incapable de faire un repas sans brûler sa maison, le tout accompagné d’un humour qui fait toujours mouche et n’est jamais lourdingue. On prend plaisir à prendre part aux très nombreux dialogues du jeu, et à voir évoluer les diverses relations entre les personnages. Il faut toutefois prévenir d’avance l’amateur de golf qui n’est pas habitué aux longues tirades : Golf Story est particulièrement verbeux, et même si l’écriture est assez plaisante à lire , surtout lorsqu’elle est couplée à du jargon australien particulièrement kitsch, elle n’en reste néanmoins très présente et peut rebuter celui qui n’était là que pour jouer au golf et n’en a que faire des péripéties que le mode scénarisé propose.


Si tu me dis droite je te dirai gauche


On a du talent ou on n'en a pas
Qu’à cela ne tienne, les développeurs ont également pensé à ce type de joueur avec la présence d’un mode arcade, pour des parties rapides et entièrement paramétrables. Ceci nous amène plus concrètement aux spécificités de gameplay du jeu. Contrairement à beaucoup d’autres jeux du genre, les circuits de Golf Story ne se joueront que sur un maximum de 9 trous. C’est un choix qui permet de dynamiser le rythme du jeu et au final se marie plutôt bien au côté portable de la console. En dehors de ça, tout se passe comme sur un Mario Golf traditionnel, à l’exception que tout est calculé en vue du dessus. Il n’est pas question de juger de la profondeur de champ mais bien d’effectuer des tirs millimétrés via l’assistance de visée qui indique où la balle devrait approximativement atterrir, pour peu que vous lui donniez suffisamment de puissance. Bien qu’assez perturbant au début, on se fait rapidement à cette visée et elle contribue à donner un côté encore plus arcade et perfectionniste au jeu.

On ne vous fera pas l’affront de vous expliquer les règles du golf, mais il est important de faire la distinction entre les phases de Drive et de Putting pour expliquer l’un des principaux soucis du jeu. Les phases de Drive sont celles dans lequel vous utilisez un des trois clubs de golf permettant de tirer sur petites, moyennes et longues distances. La trajectoire de la balle est déterminée en fonction de l’assistance à la visée, qui est assez précise, de la puissance mise et éventuellement du vent s’il est suffisamment fort pour faire dévier la balle. Ces phases sont celles qui composent la grosse majorité de jeu. Une fois que la balle arrive dans le Green, qu’elle est donc assez proche du trou, on passe en deuxième phase, celle de Putting. Il s’agira d’utiliser uniquement le club dédié à cette phase, qui répond à une physique et un calcul de trajectoire différent des phases de Drive. Lorsqu’il s’agit de tirer un put, les ajustements doivent être beaucoup plus précis puisque la trajectoire est bien plus sensible qu’à l’accoutumée. En revanche, les outils à votre disposition, à savoir l’assistance à la visée et la jauge de puissance du tir, eux, ne changent pas pour s’adapter à ce tir. La conséquence de tout ça, c’est qu’il est particulièrement difficile de correctement tirer un put à courte distance, là où un Drive à longue distance pourra parfois être plus précis, de manière assez paradoxale. Concrètement, cela signifie parfois que de jolis Birdies peuvent se transformer en Par ou en Bogey à cause d’une physique trop exigeante et sensible dans les phases de putting.

Un autre souci lié au gameplay est inhérent à son côté arcade : bien que les différents clubs que l’on obtient au fil du jeu changent la façon d’aborder un terrain, concrètement, les parcours se ressemblent de plus en plus au fur et à mesure que la fin du jeu approche. On apprécie toutefois l’effort des développeurs de proposer un grand nombre de thématiques différentes pour les circuits, passant de la plage et son sable redoutable au plateau surélevé où les vents sont surpuissants, en passant par la maison hantée et son invasion de goules. Ces décors se payent par ailleurs le luxe d’être plutôt agréable à l’œil, avec un pixel-art assez fin et des couleurs chatoyantes, particulièrement en mode portable.

De manière générale, le jeu fait son maximum pour offrir quelques diversions entre deux circuits de golf, et cela comprend d’autres mini-jeux comme du minigolf ou du frisbee. Là où le minigolf s'avère être fondamentalement la même chose que du golf standard mais avec une physique et des terrains différents, le frisbee se joue de manière complètement unique et malheureusement ce n’est pas pour le mieux, tant c’est imprécis et peu intéressant. Ces phases sont peu présentes et ne composent au final que quelques longues minutes dans une trame qui dure bien une vingtaine d’heures à celui qui s’entêtera à faire les quêtes secondaires proposées, ce qui est par ailleurs une masse de contenu assez appréciable pour un titre vendu à petit tarif (14.99€).

Enfin, un mot sur la bande-son du jeu, assez particulière puisque mélangeant différents styles, allant du rock progressif à quelques petites lignes de basse, en passant un morceau de jazz style bossa-nova. Les morceaux ne sont pas très nombreux et se répètent donc assez souvent, ce qui lasse quand les heures s’accumulent, mais on apprécie le côté singulier de la bande-son, qui colle plutôt bien au style décompressé du titre.

| Conclusion |

Arrivé de nulle part, Golf Story ne repart pas sans avoir marqué quelques points. Indéniablement l’une des premières exclusivités phares de l’eShop Switch, il se pose d’ores et déjà comme modèle de qualité pour les futurs titres indépendants de la console, en plus de faire office d’excellent jeu de golf, à une époque où les Mario Golf se font rares. On ravalera vite les quelques petites erreurs de parcours pour savourer avec plaisir l’humour typiquement australien mais délicieusement kitsch du jeu.
1720
++ Bons points ++ Gameplay en béton...
On se marre bien
Personnages attachants
Un pixel-art plaisant à l'œil
Assez long
Bande-son originale et sympathique
-- Mauvais points -- ...sauf en ce qui concerne le put
Le frisbee c'est bien nul
Un peu répétitif à la longue
Bon niveau d'anglais indispensable


Commentaires



Sartorius
Sartorius a écrit le 8 novembre :
C'est un jeu que j'avais repéré à sa sortie et qui me tentait bien. Mais à force de commencer des jeux sans les finir, je n'ai pas cherché à le télécharger tout de suite, attendant le résultat de tests comme le tiens. Certes, le prix n'est pas extravagant comme souligné, mais le fait qu'il ne soit pas traduit aurait tendance également à me refroidir, même si cela semble moins pénalisant que dans un Puyo Puyo Tetris...

Néanmoins, il reste en concurrence avec Fast RMX, autre exclusivité de l'eShop qui me fait les yeux doux !
Ryfalgoth
Ryfalgoth a écrit le 8 novembre :
C'est sans doute un très bon jeu, mais il ne m'attire pas du tout, c'est pas mon style.
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